Pour les Vietnamiens, la frontière entre la vie privée et la vie publique est très difficile à définir. Leur façon de vivre les met en contact permanent avec d’autres familles, d’autres voisins, d’autres collègues ou, simplement, avec leurs locataires.
De plus, les Vietnamiens ne peuvent pas garder quelque chose pour eux. Ce qui était une simple confidence devient très vite une affaire de société. Ici tout le monde sait tout, surtout ce qu’il ne faudrait pas répéter…
Dans une maison vietnamienne il est courant de trouver plusieurs générations. Une famille garde souvent auprès d'elle ses enfants et ses parents. Ainsi les personnes âgées côtoient leurs petits et arrière-petits-enfants.
Lorsque l'habitation le permet, une chambre peut être louée à un locataire. Le soir, il n'est pas rare de voir, tout ce monde réuni dans la pièce principale, regardant la télévision, jouant aux cartes ou simplement discutant.
C'est dans le bruit et la promiscuité que les jeunes font leurs devoirs d'école, qu'une femme donne le sein à son bébé et que le grand-père radote. Quand une bouteille d'alcool de riz est ouverte, des voisins viennent boire avec les hommes de la maison! Si une partie de loto s'improvise, des voisines s'invitent en sortant un peu d'argent, il faut bien rendre intéressant le jeu! Quel que soit ce qui se fait dans un coin du salon, les gens qui passent, devant le seuil de l'habitation, s'arrêtent pour regarder à l'intérieur. Que ce soit devant la porte ou dans la maison, la conversation va toujours bon train.
Un Occidental peut avoir l'impression que les gens se disputent, il n'en est rien, ce sont simplement des êtres passionnés. Ils ne peuvent pas parler « de la pluie et du beau temps » sans de grandes envolées lyriques. Tout est matière à discussions, les derniers potins, de l'immeuble ou du quartier, circulent allégrement.
Ici, les choses les plus intimes sont déballées sans ménagement. Si vous ne voulez pas que quelque chose se sache, ne le dite pas, ne le montrez pas…!